Insatisfait de l’offre à gauche, le courant des Poissons roses préfère lancer son propre mouvement de refondation politique.

Article publié dans Ouest France, numéro du 8-9 avril 2017

Minoritaires, mais actifs, au sein du Parti socialiste, les chrétiens engagés au sein des Poissons roses voulaient participer à la primaire de la gauche. Mais la direction du PS a sèchement rejeté leur candidat, Régis Passerieux. « Aujourd’hui, nous sommes un peu orphelins », déplore Philippe de Roux, porte-parole des Poissons roses. Aucun des prétendants à l’Élysée ne porte leur idéal de justice sociale tout en partageant leurs positions sur les sujets de société et la famille.

Benoît Hamon ? Il dit « des choses intéressantes sur le travail, mais on ne peut pas le suivre sur la question de l’euthanasie, au risque d’ouvrir la porte à toutes les dérives ». Jean-Luc Mélenchon ? Il est favorable au suicide assisté et l’Europe accentue les divergences.

Quant à Emmanuel Macron, il provoque une césure au sein des Poissons roses. Les anciens sont tentés de le suivre pour faire barrage au FN. Les jeunes, confrontés à la précarité, se montrent plus « méfiants ». Philippe de Roux pointe « sa méconnaissance du terrain social ».

Dans ces conditions, un second tour Macron-Le Pen ressemblerait à une « impasse ». « Tous deux prétendent dépasser le traditionnel clivage droite/gauche, mais c’est un faux débat », estime le porte-parole. Ils le déclinent, selon lui, autour de quatre mots : « Mondialisation, identité, transhumanisme, libéralisme ». En digne héritier d’Emmanuel Mounier, lui préfère les remplacer par « universel, enracinement, personnalisme et goût d’entreprendre ».

C’est sur ces bases qu’à l’automne, sera lancé Refondation, un mouvement politique indépendant du PS, qui rassemblera au-delà du cercle chrétien. Philippe de Roux en est convaincu : l’avenir passe par une « économie du partage ».

François VERCELLETTO.