Nous avons la joie de fêter aujourd’hui le 60e anniversaire de la signature du Traité de Rome, qui avait créé la Communauté Économique Européenne et la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique.

Nous voulons exprimer à nouveau notre attachement à la construction européenne, qui a apporté à nos pays paix et prospérité après des décennies de guerre civile sur notre continent.

Comme le témoignait l’un des signataires, l’italien De Gasperi, cité hier par le Pape François devant les dirigeants européens réunis à Rome pour l’occasion, à l’origine de l’idée d’Europe il y a « la figure et la responsabilité de la personne humaine avec son ferment de fraternité évangélique, […] avec sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire »1.

Les Pères Fondateurs de l’Europe étaient des personnalistes attachés à la paix entre nos pays frères, à la prospérité économique d’un continent blessé par trois guerres, et à la promotion des valeurs forgées à travers les millénaires de l’histoire européenne : justice, liberté, dignité de la personne humaine, amour de la famille et esprit d’entreprendre. Plus que jamais, nous avons besoin de l’Europe.

Nous savons aussi les mauvais chemins qu’a pu emprunter depuis plusieurs années l’Union Européenne, attirée vers la tentation du néo-libéralisme et d’un espace uniquement économique et financier. Aussi rappelons-nous notre volonté de voir émerger une véritable « Communauté Européenne », politique, dynamique, transparente. Pour sauver l’Europe, il faudra une Communauté fédérale qui promeut la subsidiarité et la solidarité entre les nations qui la composent. Une Communauté de nations que nous allons jusqu’à considérer comme des personnes, unies dans la diversité. Une Communauté de projets.

Nous célébrons donc l’œuvre de paix qu’a été la construction européenne, tout en appelant chacun de nos concitoyens français et européens à ne pas laisser cet élan se pervertir ou s’éteindre.

Les Poissons Roses, le 25 mars 2017

1 A. de Gasperi, Notre patrie l’Europe. Discours à la Conférence Parlementaire Européenne, 21 avril 1954