Nous proposons la mise en place d’un revenu de libre activité qui s’inspire notamment de l’allocation universelle énoncée par Philippe Van Parijs et Yannick Vanderborgh en 2005 et du LIBER, un revenu de liberté pour tous, prôné par Marc de Basquiat et Gaspard Koenig en 2014. Nous renvoyons à ces ouvrages pour le détail de ce qui suivra. Ce dispositif est destiné à rompre la logique mortifère qui fait d’un individu un chômeur potentiel, en cassant la dépendance de notre modèle social au modèle du plein emploi salarié. Le mécanisme consiste à instaurer un système d’impôt négatif en allouant à toute personne adulte et à tout enfant un revenu forfaitaire, le système étant équilibré par un prélèvement sur l’ensemble des revenus de chaque citoyen ou résident. Dans l’hypothèse défendue par Marc de Basquiat, le revenu serait pour un adulte de 450€/mois et pour un enfant de 225€/mois – chiffres 2013 -, le prélèvement s’élevant à 23% en moyenne. Ce revenu s’applique à tous, de manière inconditionnelle. Chaque personne reçoit un revenu de base et, au-delà, les revenus relèvent de l’impôt. Dès lors, il n’y a plus d’un côté ceux qui donnent et de l’autre ceux qui reçoivent : tous sont bénéficiaires en permanence, et les contributions de chacun évoluent en fonction de choix personnels et des aléas de la vie.

Est-ce une mesure de gauche ou de droite ? Voilà bien une question « française ». Ne nous dérobons pas. Que vaut-il mieux : que ce soit une mesure de gauche ou de droite  ou que ce soit une mesure utile ou inutile ? Nous répondons que c’est une mesure de justice qui ouvre un temps nouveau, en ce qu’elle remplace un système devenu obsolète et permet à chacun de prendre conscience de sa contribution.

Bien entendu, le revenu de libre activité ne va pas tout régler : son montant ne pourra pas mettre à l’abri de la pauvreté, mais permettra de ne pas sombrer dans la misère, et il ne règlera pas les problèmes qui conduisent certains à se retrouver sans ressource. Mais il évite de rajouter à une situation de détresse un certain nombre de travers :

– il ne stigmatise pas les bénéficiaires,

– il simplifie les démarches administratives (ceux qui se retrouvent soudain sans revenu ont sans doute mieux à faire que de courir après le RSA),

– Il simplifie le maquis des aides de toutes sortes en supprimant tout ce qui relève de la redistribution (allocations familiales, minima sociaux) et permet des économies dans les dépenses de contrôle, étant entendu que le socle des assurances sociales et de la sécurité sociale n’est pas touché (risques vieillesse, maladie avec la CMU, chômage)

– il empêche la suspicion de fraude et le travail au « noir » (et limite d’ailleurs, concrètement, l’intérêt de la fraude pour le salarié. En fait, c’est l’employeur qui paie les charges sociales et la tentation est grande de ne rien déclarer comme cela est possible actuellement),

– généralisant de fait le RSA, il en supprime tout effet de seuil, et garantit en toute circonstance que le travail est toujours plus intéressant financièrement que l’inactivité,

– il souligne en outre les multiples façons d’être utile à la société, en sortant de l’optique de la charité.

Le très grand avantage du revenu de base est de sortir de cette logique aidants/assistés : ce qui est dramatique et inefficace pour une personne, c’est de ne pas parvenir à trouver un travail alors qu’elle a une compétence, non de recevoir une petite aide de la société. Dès lors, la perte de revenu liée au chômage ne s’accompagne pas de démarches supplémentaires, du sentiment de passer dans la catégorie des  » assistés « , puisque chacun continue à recevoir chaque mois la même somme, et le montant versé au titre de l’impôt tiendra compte du revenu de libre activité créant ainsi un prélèvement final progressif pour 90 % de la population. Le revenu de libre activité peut être comparé à la situation actuelle en mode statique : celui qui gagne un salaire confortable recevra un revenu supplémentaire qui sera compensé par une hausse d’impôts, tandis que celui qui n’a pas de ressource recevra un revenu de base au lieu de recevoir le RSA. Mais c’est en dynamique que le dispositif est intéressant, car il facilite les transitions d’un état à l’autre (et dans les deux sens). Au-delà de cela, il accompagne un véritable changement de mentalité, puisque personne ne peut utiliser ce revenu pour pointer du doigt les  » loosers « , les  » fraudeurs « , les  » assistés « . Chaque citoyen ne reçoit plus une aide ciblée, mais un revenu généralisé.  

C’est la dimension inconditionnelle qui est efficace. Par cette aide, la société alloue une somme car elle estime que chacun a quelque chose à lui apporter. La somme n’exige pas une contrepartie, l’administration ne va pas vérifier que vous en faites bon usage, parce que la collectivité préfère faire le pari que ce sera le cas. N’est-ce pas hautement responsabilisant? Remplacer le flicage par la confiance, c’est peut-être utopique… mais nous, aux Poissons Roses, nous faisons ce pari, nous y croyons et ce cercle vertueux, ce confort psychologique sera certainement un moteur pour prendre des risques et entreprendre.

 

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