Ci-dessous l’article de la Croix, le 08/11/2016, par Corinne Laurent

« On n’est pas là pour prendre des places mais pour susciter des mouvements ». Fondateur du mouvement des Poissons roses, Philippe de Roux aime reprendre ce message que le pape François a livré à une délégation des Poissons roses et du laboratoire Esprit civique, le 1er mars 2016, pour justifier l’évidence d’une candidature des personnalistes à la primaire du PS.

C’est Régis Passerieux, 57 ans, avocat de profession passé par Science Po et l’ENA, ancien membre de la direction du PS et maire d’Agde, dans l’Hérault, de 1989 à 2001, qui portera l’idée de « justice sociale » défendue par le courant des Poissons roses. Rentré en France en février après sept années passées à Pékin et deux autres à Bruxelles, ce développeur d’affaires, qui a sa carte au Parti socialiste depuis l’âge de 17 ans, regrette « l’assèchement des idées au PS ». Il compte se glisser dans « la confrontation entre la gauche de gouvernement et les frondeurs ».

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« La recherche du bien commun »

S’affirmant « chrétien, protestant, né dans un terreau catholique », Régis Passerieux avait fait l’annonce de sa candidature dans le quotidien régional Ouest France, le 6 novembre. « Ce que nous voulons exprimer, c’est la recherche du bien commun. Cette candidature, nous l’appelons, nous, « personnaliste », en référence à Emmanuel Mounier, parce qu’elle vise à retisser tous les liens qui ont disparu dans la société française. C’est un retour aux fondamentaux du Parti socialiste », avait-il déclaré.

« La gauche a failli sur la question de la justice sociale et sur la question de l’émancipation », estime Philippe de Roux, se désolant qu’elle ait laissé « corrompre son logiciel par l’individualisme consumériste ».

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Régis Passerieux juge possible de recueillir les parrainages de 20 parlementaires socialistes, nécessaires pour être candidat à la primaire en janvier. Il a conservé des amitiés au PS, en particulier auprès de l’ancien ministre François Rebsamen, patron de la fédération des élus PS. Le député de Martinique, Bruno Nestor Azerot, apparenté au groupe Gauche démocrate et républicaine, apporte quant à lui de nombreux relais outre-mer.

Corinne Laurent