« Nous sommes contre la philosophie du Moi, pour la philosophie du Nous. »

(1905-1950)

Philosophe engagé, fondateur du personnalisme, Mounier demeure aujourd’hui d’une acuité et d’une pertinence brûlantes. En prise avec l’avènement des totalitarismes et l’essor du capitalisme, il fonde la revue Esprit en 1932 pour proposer leur une alternative intellectuelle à ces matérialismes.

Pour lui, l’action politique, si elle n’est réfléchie, si elle n’a de sens spirituel, est pure agitation. « Notre action politique est l’organe de notre action spirituelle ». Aussi, faut-il viser une cohérence de notre existence. Une cohérence qui rejoint intimement l’unité de la personne – à la fois corps et esprit, nécessairement liés.

Refaire Renaissance, redonner au socialisme toute la richesse de la vie spirituelle, contre une lecture de l’Histoire matérialiste : telle fut l’œuvre philosophique qu’il débuta.

Que retenons-nous principalement de sa pensée ? Nous voulons :

– Permettre l’émancipation et l’accomplissement de la personne reliée, et non la satisfaction d’un individu tout-puissant aux désirs absolutisés et indépendants.

– Redonner toute sa place au spirituel, en intégrant croyants et athées, face à l’effondrement duquel s’élèvent les pires formes de violence.

A lire :

  • Le Personnalisme, E. Mounier, 1949
  • Refaire la Renaissance, E. Mounier, 2000, Seuil
  • Emmanuel Mounier, Jean-Marie Domenach, 1972